La Guerre du Feu – J-J. Annaud – 1981

En 80 000 BC, une tribu perd le feu qu’elle a eue tant de mal à entretenir ; trois guerriers vont se lancer sur les traces d’une nouvelle étincelle pour raviver l’âme de leur peuple et en assurer la survie. Cette quête intrépide les mènera sur des terres inconnues et les confrontera à milles et un dangers, pour qu’ils puissent apprendre une partie de leur humanité.

Dans la Guerre du Feu, J.J. Annaud se base sur des constats et des théories archéologiques récentes pour les années 1980, tout en romançant l’histoire qu’il propose au public.

L’idée d’une humanité ne maitrisant pas le feu, sachant à la limite le garder en vie et le contrôler en partie, est toujours très actuelle : on ignore toujours précisément quand l’homme va réussir à dompter cet élément sauvage, et, si dans le film certaines populations le maitrisent, d’autres ne font pas partis des chanceux et doivent se contenter de le trouver, ou de le voler. Cette situation ne semble pas être une pure invention de la part du réalisateur et des scénaristes. L’idée d’une personne responsable de la flamme de la tribu, d’un « gardien du feu » est originale car elle met en place la distinction d’un personnage par rapport au reste du groupe sans pour autant en être le chef. La présentation de sociétés responsabilisantes sans pour autant être hiérarchisées donne une approche plutôt judicieuse de la préhistoire au public.

Des pratiques de la préhistoire, comme le charognage, le probable refus de l’anthropophagie et le recours aux peintures corporelles sont des approches originales ; peu de films les présentent, et le public en ressort avec une idée plus précise de nos ancêtres.

Cependant, le film, pour des raisons probablement scénaristiques, fait apparaître la poterie, des masques et les propulseurs à une période totalement anachronique. Ces attributs sont ceux d’une tribu qui initie le héros et les siens à la maîtrise du feu, et apparaissent comme des précurseurs qui guident, par leur savoir, les autres. C’est surtout le don des techniques comme le recours aux propulseurs ou de la maîtrise du feu qui va être intéressant à étudier : cette société donne les savoirs, et ne les garde pas jalousement comme les autres qui s’entretuent pour des braises.

Le film, en essayant de respecter en partie le cadre de la préhistoire, va surtout offrir une image particulière de cette époque : un monde brutal et cruel, certes, mais aussi un monde de partage et surtout de progrès et d’évolution : l’Homme découvre sans cesse de nouvelles choses, qu’il emploi, protège et échange. C’est sur cette image là que le spectateur va rester après le visionnage : âges obscures mais âges d’avancées importantes, qui sont marqués par le rythme des progressions technologiques qui viendront révolutionner le quotidien de nos ancêtres.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s