RRRrrrr – A. Chabat – 2003

En 37 000 avant J.C., deux tribus se confrontent pour la possession d’une technologie ayant a leur yeux plus de valeur que le feu : c’est la Guerre du Shampoing. Les Cheveux Propres, détenteurs du secret, coulent des jours paisibles entre biche volley et cous de guitare-couture. En face, les Cheveux Sales, menés par un chef ambitieux, tentent d’infiltrer un espion chez leurs adversaires pour leur voler le secret du shampoing. Parallèlement à toutes ces histoires, la tribu des cheveux propres est confrontée à une série de crimes particuliers, les premiers meurtres que connait l’humanité ; le coupable rode et l’équipe composée de Pierre le Bouclé, Pierre le Blond et Guy, l’espionne des Cheveux Sales, va tout mettre en œuvre pour le retrouver.

 

RRRrrrr nous présente une époque clairement définie (35 000 BC), l’homme est divisé en tribus sédentaires occupant leur temps à la chasse et à la cueillette. Pour une comédie déjantée, ce film présente des aspects réalistes : pas de céramique, pas d’agriculture, pas d’armes métalliques, des allusions aux échanges et aux conflits entre les différentes tribus et groupes, la pratique du charognage, un chef sans réel pouvoir de domination sur les autres, des rites d’inhumation et une bonne maitrise du feu. Bon, bien sur, on reste dans une comédie, et on retrouve de nombreux éléments anachroniques : le fait de mimer une voiture, d’employer du champoing, voir le cauchemar du chef des Cheveux Propres, se voyant parcourir les rayons d’un hypermarché… on est régulièrement dans l’absurde, et Alain Chabat joue avec ces anachronisme pour mettre en place une vision plus proche de nous de la préhistoire : période absurde mais compréhensible par des clins d’œil récurent à notre propre époque.

 

On a une représentation du monde préhistorique qui est tout d’abord l’époque des premières fois : premier meurtre qui va occuper une bonne partie du film, mais aussi premières… fouilles archéologiques ! Pierre le fouilleur est confronté à un problème épineux : pourquoi fouiller le sol quand on est les premiers Hommes ? C’est aussi un monde où l’homme est conscient de ses avancées technologiques : quand Pierre le Bouclé demande à Guy où en est sa tribu pour ce qui est des acquis, Guy répond très simplement « On est très évolué, on va bientôt se mettre à croire en Dieu ». Une des préoccupations centrales du film est de présenter la préhistoire comme une époque de changements radicaux, qui sont rapides et dont l’empreinte reste sur les personnages. La période est aussi présentée comme une période d’intuition, où les personnages jouissent d’une grande liberté et les rapports humains sont simplifiés : quand on veut s’exprimer, on le fait, et les personnages du film ne s’en lassent pas. On a donc une vision assez peu réaliste et plutôt positive de la préhistoire, qui est adaptée aux loufoqueries des comédiens et au final, cette période apparaît comme une époque de vacance, où la vie, en dehors de la chasse et des bêtes sauvages, est faite de divertissement et de repos.

 

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